martes, 16 de junio de 2015

HOY FIRMA: ANA GARCÍA GARRIDO. "MATURINO RÉGNIER".


MATURINO RÉGNIER
(Chartres 1573-Ruán 1613)


       

  Maturino Régnier, nacido en Chartres en 1573, fue consagrado desde muy temprana edad al estamento eclesiástico, por lo que a los once años el obispo de su diócesis, Nicolas de Thou lo tonsuró. Sin embargo, muy pronto, su comportamiento y su gusto por la escritura satírica marcaron el sentido y la finalidad de su vocación.

         Su carrera fue ampliamente recompensada por sus fructíferas relaciones personales más que por acumulación de méritos. Obtuvo una canonjía en 1604, en la iglesia de Nuestra Señora de Chartres gracias a su amistad con el hermano del ministro Sully y, dos años más tarde, el rey Enrique IV le concedió una pensión de 2000 libras por la abadía de Vaux de Cernay (diócesis de Versalles).

         Fue discípulo de Ronsard y Du Bellay, así como íntimo amigo de Malherbe et de Boileau, de modo que gozó de la gran estima de sus contemporáneos, razón por la que recibió el apodo de “Maturino el bueno”. Madeleine de Scuderi, en la novela Clélie (1654-1660, tomo VIII, libro II, p. 587), contempló en él al hombre capaz de trazarse un itinerario singular entre los poetas de su tiempo. Gilles Ménage dans sus Origini della lingua italiana (Ginebra, 1683), habla de Régnier como del “poeta satírico más famoso de nuestros tiempos”. Nicolas Boileau en su Carta al Señor Perrault (1699) y en su Discurso sobre la sátira (1666), lo describe como el poeta francés que, según se dice, ha conocido mejor el alma y las costumbres de los hombres, antes de Molière. Incluso el gran predicador Masillon, obispo de Clermont, en su discurso de ingreso en la Academia francesa pronunciado en 1719, no vacila en declarar que las agudezas de Régnier son fruto de un talento natural y atemporal.

         Todos estos elogios no son infundados. Su obra, que rememora el universo poético de la Antigüedad grecolatina, se destaca por un estilo inigualable, un control magistral de la mordaz burla a la literatura y la moral, lo que sitúa a Régnier entre los autores satíricos más destacados de su tiempo. Su crítica a la ridiculez humana ha sido definida tradicionalmente como un rasgo esencial del carácter parisino del siglo XVI. En sus sátiras, nos libra deliciosos bocetos de la vida cotidiana donde se mezclan el humor picante con cierta inmoralidad proverbial, imprimiendo así a su expresión grandes dosis de audacia y originalidad.   
        
         El texto que presentamos a continuación es la traducción de su sátira VIII, dedicada a Charles de Beaumanoir, abad de Beaulieu (16-1638), nombrado obispo de Mans en 1610. Se trata de una pieza que no ha visto jamás la luz en castellano. Señalamos que la presente traducción no respeta la métrica ni la versificación del texto original. Tampoco se ha pretendido una reconstitución del registro lingüístico castellano de la misma época. Se ha optado por una actualización retórica de la lengua con el objeto de facilitar su lectura. El texto con el que hemos trabajado se incluye en la edición parisina (Alphonse Lemerre) de las obras completas de Régnier que realizó Ernest Courbet en 1869 (pp.67-73).



SATYRE VIII

À monsieur l’Abbé de Beaulieu,
nommé par sa Majesté à l’Évesché du Mans


Charles, de mes péchez j’ay bien fait pénitence.
Or toi, qui te cognois aux cas de conscience,
Juge si j’ay raison de penser estre absous.
J’oyois un de ces jours la messe à deux genoux,
Faisant mainte oraison, l’œil au ciel, les maintes jointes,
Le cœur ouvert aux pleurs et tout percé des pointes
Qu’un dévot repentir élançoit dedans moy,
Tremblant des peurs d’enfer, et tout bruslant de foy,
Quand un jeune frisé, relevé de moustache,
De galoche, de botte, et d’un ample pennache,
Me vint prendre, et me dist, pensant dire un bon mot :
Pour un poëte du temps, vous estes trop dévot.
Moy, civil, je me lève, et le bon jour luy donne,
(Qu’heureux est le folastre, à la teste grisonne,
Qui brusquement eust dit, avecq’une sambieu :
Ouy bien pour vous, monsieur, qui ne croyez en Dieu.)
Sotte discrétion, je voulus faire accroire
Qu’un poëte n’est bisarre et fascheux qu’après boire.
Je baisse un peu la teste, et, tout modestement,
Je luy fis à la mode un petit compliment.
Luy, comme bien apris, le mesme me sceut rendre,
Et ceste courtoisie à si haut pris me vendre,
Que j’aymerois bien mieux, chargé d’âge et d’ennuys,
Me voir à Rome pauvre, entre les mains des Juys.

Il me prist par la main, après mainte grimace,
Changeant, sur l’un des pieds, à toute heure de place,
Et dansant tout ainsi qu’un barbe encastelé,
Me dist, en remaschant un propos avalé :
Que vous estes heureux, vous autres belles ames,
Favoris d’Apolon, qui gouvernez les dames,
Et par mille beaux vers les charmez tellement,
Qu’il n’est point de beautez, que pour vous seulement,
Mais vous les méritez : vos vertus non communes
Vous font digne, monsieur, de ces bonnes fortunes.
Glorieux de me voir si hautement loué,
Je devins aussi fier qu’un chat amadoüé ;
Et, sentant au palais mon discours se confondre,
D’un ris de sainct Médard il me fallut répondre.


Je poursuis, mais amy, laissons-le discourir,
Dire cent et cent fois : il en faudroit mourir ;
Sa barbe pinçoter, cageoller la science,
Relever ses cheveux, dire en ma conscience,
Faire la belle main ; mordre un bout de ses guents ;
Rire hors de propos ; monstrer ses belles dents ;
Se carrer sur un pied ; faire arser son espée ;
Et s’adoucir les yeux ainsi qu’une poupée ;
Cependant qu’en trois mots je te feray sçavoir
Où premier, à mon dam, ce fascheux me put voir.
J’estois chez une dame en qui, si la satyre
Permetoit en ces vers que je le peusse dire,
Reluit, environné de la divinité,
Un esprit aussi grand que grande est sa beauté.

Ce fanfaron chez elle eut de moy cognoissance ;
Et ne fut de parler jamais en ma puissance,
Luy voyant ce jour-là son chapeau de velours,
Rire d’un fascheux conte, et faire un sot discours ;
Bien qu’il m’eust à l’abord doucement fait entendre
Qu’il estoit mon valet, à vendre et à despendre.
Et destourant les yeux : Belle, à ce que j’entends,
Comment vous gouvernez les beaux espris du tans !
Et faisant le doucet de parole et de geste,
Il se met sur un lict, luy disant : je proteste
Que je me meurs d’amour quand je suis près de vous ;
Je vous ayme si fort, que j’en suis tout jaloux.
Puis rechangeant de note, il monstre sa rotonde :
Cet ouvrage est-il beau ? Que vous semble du monde ?
L’homme que vous sçavez m’a dit qu’il n’ayme rien.
Madame, à vostre avis, ce jourd’huy suis-je bien ?
Suis-je pas bien chaussé ? ma jambe est-elle belle ?
Voyez ce taffetas ; la mode en est nouvelle ;
C’est œuvre de la Chine. À propos, on m’a dit
Que contre les clinquants le roy fait un édit.

Sur le coude il se met, trois boutons se délace :
Madame, baisez-moi ; n’ay-je pas bonne grâce ?
Que vous estes fascheuse ! À la fin on verra,
Rosette, le premier qui s’en repentira.
D’assez d’autres propos il me rompit la teste.
Voilà quand et comment je cogneu ceste beste ;
Te jurant, mon amy, que je quittay ce lieu
Sans demander son nom, et sans luy dire adieu.
Je n’eus depuis ce jour, de luy nouvelle aucune,
Si ce n’est ce matin que de male fortune,
Je fus en ceste église, où comme j’ay conté,
Pour me persécuter Satan l’avoit porté.

Après tous ces propos qu’on se dit d’arrivée,
D’un fardeau si pesant ayant l’âme grevée,
Je chauvy de l’oreille, et demourant pensif,
L’échine j’allongeois comme un asne rétif,
Minutant me sauver de ceste tyrannie.
Il le juge à respect. O ! sans cérémonie,
Je vous suply, dit-il, vivons en compagnons.
Ayant ainsi qu’un pot, les mains sur les roignons,
Il me pousse en avant, me présente la porte,
Et sans respect des saincts, hors l’église il me porte,
Aussi froid qu’un jaloux qui voit son corrival.
Sortis, il me demande : estes-vous à cheval ?
Avez-vous point icy quelqu’un de vostre troupe ?
Je suis tout seul, à pied. Luy, de m’offrir la croupe.
Moy, pour m’en dépêtrer, luy dire tout exprès :
Je vous baisse les mains ; je m’en vais icy près
Chez mon oncle disner. O Dieu, le galand homme !
J’en suis. Et moy pour lors, comme un bœuf qu’on assomme,
Je laisse cheoir la teste ; et bien peu s’en falut,
Remettant par dépit en la mort mon salut,
Que je n’allasse lors, la teste la première,
Me jeter du Pont-Neuf à bas en la rivière.
Insensible, il me traisne en la court du palais,
Où trouvant par hasard quelqu’un de ses valets,
Il l’appelle, et luy dit : Holà ! hau ! Ladreville,
Qu’on ne m’attende point, je vays disner en ville.

Dieu sçait si ce propos me traversa l’esprit !
Encor n’est-ce pas tout : il tire un long escrit,
Que voyant je fremy. Lors, sans cageollerie :
Monsieur, je ne m’entends à la chicannerie,
Ce luy dis-je, feignant l’avoir veu de travers.
Aussi n’en est-ce pas ; ce sont des meschants vers
(Je cogneu qu’il estoit véritable à son dire)
Que, pour tuer le tans, je m’efforce d’écrire ;
Et pour un courtisan, quand vient l’occasion,
Je monstre que j’en sçay pour ma provision.
Il lit, et se tournant brusquement par la place,
Les banquiers étonnez admiroient sa grimace,
Et monstroient, en riant, qu’ils ne luy eussent pas
Presté sur son minois, quatre doubles ducats,
(Que j’eusse bien donnez pour sortir de sa pate).
Je l’écoute et durant que l’oreille il me flatte,
(le bon Dieu sçait comment), à chaque fin de vers,
Tout exprès je disois quelques mot de travers.
Il poursuit, nonobstant, d’une fureur plus grande,
Et ne cessa jamais qu’il n’eust fait sa légende.
Me voyant froidement ses œuvres advouër,
Il les serre et se met lui-mesme à se louër :
Doncq’, pour un cavalier, n’est-ce pas quelque chose ?
Mais, monsieur, n’avez-vous jamais veu de ma prose ?
Moy de dire que si, tant que je craignois qu’il eust
Quelque procès verbal qu’entendre il me fallust.
Encore, dittes-moy en vostre conscience,
Pour un qui n’a du tout nul acquis de science,
Cecy n’est-il pas rare ? Il est vray, su ma foy,
Luy dis-je souriant. Lors, se tournant vers moy,
M’accolle à tour de bras et, tout pétillant d’aise,
Doux comme une épousée, à la jouë il me baise;
Puis, me flattant l’épaule, il me fist librement
L’honneur que d’approuver mon petit jugement ;
Après ceste caresse, il rentre de plus belle :
Tantost il parle à l’un, tantost l’autre l’apelle,
Tousjours nouveaux discours; et tant fut-il humain,
Que tousjours de faveur, il me tint par la main.
J’ay peur que sans cela, j’ay l’âme si fragile,
Que le laissant du guet, j’eusse peu faire gille :
Mais il me fut bien force, estant bien attaché,
Que ma discrétion expiast mon péché.

Quel heur ce m’eust esté, si sortant de l’église,
Il m’eust conduit chez luy, et m’ostant la chemise,
Ce beau valet à qui ce beau maistre parla
M’eust donné l’anguillade, et puis m’eust laissé là !
Honorable défaite ! heureuse échapatoire !
Encore derechef me la fallut-il boire.
Il vint à reparler dessus le bruit qui court
De la royne, du roy, des princes, de la court ;
Que Paris est bien grand ; que le Pont-Neuf s’achève ;
Si plus en paix qu’en guerre un empire s’élève ;
Il vint à définir que c’estoit qu’amitié,
Et tant d’autres vertus, que c’en estoit pitié.
Mais il ne définit, tant il estoit novice,
Que l’indiscrétion est un si fascheux vice,
Qu’il vaut bien mieux mourir de rage ou de regret,
Que de vivre à la gesne avecq’un indiscret.
Tandis que ces discours me donnoient la torture,
Je sonde tous moyens pour voir si d’aventure,
Quelque bon accident eust peu m’en retirer,
Et m’empescher enfin de me désespérer.

Voyant un président, je luy parle d’affaire ;
S’il avoit des procès, qu’il estoit nécessaire
D’estre tousjours après ces messieurs honneter ;
Qu’il me laissast pour moy de les solliciter ;
Quant à luy, qu’il estoit homme d’intelligence,
Qui sçavoit comme on perd son bien par négligence ;
Où marche l’intérest, qu’il faut ouvrir les yeux.
Ha ! non, monsieur, dit-il, j’aymerois beaucoup mieux
Perdre tout ce que j’ay que vostre compagnie ;
Et se mist aussitost sur la cérémonie.

Moy qui n’ayme à débattre en ces fadèses-là,
Un tans sans luy parler, ma langue vacila.
Enfin je me remets sur la cageolleries,
Luy dis (comme le roy estoit aux Tuilleries)
Ce qu’au Louvre on disoit qu’il feroit ce jourd’huy ;
Qu’il devroit se tenir tousjours auprès de luy.
Dieu sçait combien alors il me dist de sottises,
Parlant de ses hauts faicts et de ses vaillantises ;
Qu’il avoit tant servy, tant fait la faction,
Et n’avoit cependant aucune pension :
Mais qu’il se consoloit, en ce qu’au moins l’Histoire,
Comme on fait son travail, ne derobroit sa gloire ;
Et s’y met si avant, que je creu que mes jours
Devoient plustost finir, que non pas son discours.

Mais comme Dieu voulut, après tant de demeures,
L’orloge du palais vint frapper onze heures ;
Et luy, qui pour la souppe avoit l’esprit subtil,
A quelle heure, monsieur, vostre oncle disne-t-il ?

Lors bien peu s’en falut, sans plus longtans attendre,
Que de rage au gibet je ne m’allasse pendre.
Encor l’eusse-je fait, estant désespéré ;
Mais je croy que le ciel, contre moy conjuré,
Voulut que s’accomplist ceste aventure mienne
Que me dist, jeune enfant, une bohémienne :
Ny la peste, la faim, la vérolle, la tous,
La fièvre, les venins, les larrons, ny les lous,
Ne tueront cestuy-cy ; mais l’importun langage
D’un fascheux ; qu’il s’en garde, estant grand, s’il est sage.

Comme il continuoit ceste vieille chanson,
Voicy venir quelqu’un d’assez pauvre façon.
Il se porte au devant, luy parle, le cageolle ;
Mais cest autre à la fin se monta de parole :
Monsieur, c’est trop longtans : tout ce que vous voudrez,
Voicy l’arrest signé ; Non, monsieur, vous viendrez ;
Quand vous serez dedans, vous ferez à partie,
Et moy, qui cependant n’estois de la partie,
J’esquive doucement, et m’en vais à grands pas,
La queue en loup qui fuit, et les yeux contre-bas,
Le cœur sautant de joie, et triste d’aparance.

Depuis aux bons sergens j’ay porté révérence,
Comme à des gens d’honneur, par qui le ciel voulut
Que je receusse un jour le bien de mon salut.
Mais craignant d’encourir vers toy le mesme vice
Que je blasme en autruy, je suis à ton service,
Et prie Dieu qui nous garde, en ce bas monde icy,
De faim, d’un importun, de froid et de soucy.



SÁTIRA VIII

Al Señor abad de Beaulieu,
Presentado por su majestad para el obispado de Mans.


Carlos, de mis pecados ya he hecho penitencia.
¡Oh tú, que sabes de casos de conciencia!,
juzga si tengo razón en creer que estoy absuelto.
Oía yo la misa de rodillas estos días,
orando mucho, mirando al cielo, con las manos juntas,
el corazón sollozante y asaeteado
por una piadosa contrición que me compungía,
temblando por miedo al infierno y ardiendo de fe,
cuando un joven con pelo ensortijado y con bigote,
con galocha, en borceguí y un gran penacho,
se me acercó y me dijo, creyendo decir algo decente:
-Para ser poeta de los de hoy, es usted demasiado devoto-.
Con educación me levanté, y le di los buenos días.
(Qué feliz el socarrón, con el pelo grisáceo,
que bruscamente dijo, con un reniego:
¡oiga bien, señor, que no cree en Dios!)
¡Necia indiscreción!  Yo quise hacer creer
que un poeta solo es pesado después de beber.
Agaché un poco la cabeza y con modestia,
le hice, como es costumbre, un pequeño cumplido.
Él, que lo entendió bien, quiso hacer lo mismo
y venderme aquella cortesía a precio tan alto
que preferiría, con mi edad y mis problemas,
verme pobre en Roma en manos de judíos.
        
Me cogió la mano, tras muchos aspavientos.
cambiando los pies de posición cada hora.
Y bailando como un maldito patizambo,
me dijo, rumiando una palabra ya engullida:
-¡Qué fortuna la vuestra, la de esos grandes espíritus,
favoritos de Apolo, que gobernáis a las damas
y con mil versos las seducís tan bien.
No hay bellezas que Usted no posea!
Y las merece. Sus virtudes sin igual
le hacen digno, señor, de tan buena suerte-.

Envanecido por tanto elogio,
me encopeté como un gato mimoso;
y, sintiendo en el cielo de la boca
que se entorpece mi discurso,
con una sonrisa de san Medardo[1] tuve que responder.


Yo sigo pero, amigo, dejémosle hablar,
contarlo cien veces más: habrá que morirse,
pellizcarse la barba, acariciar la ciencia,
recogerse los cabellos, hablar con mi conciencia,
hacerse el frívolo, morderse la punta de los guantes,  
reírse sin razón, enseñar la hermosa dentadura,
tenerse sobre un pie, izar la espada
y entornar los ojos como una muñeca,
por lo que en tres palabras te diré
dónde, para mi desgracia, pudo verme primero este pelmazo.  

Yo estaba en casa de una dama, que si la sátira
lo permitiera, diría yo dónde es en estos versos.
Allí relució, rodeado de gloria,
un espíritu tan grande como grande es su belleza.

Ese fanfarrón en su casa supo de mí
pero no tuve jamás el poder de hablar,
viéndolo ataviado con un sombrero de terciopelo,   
reírse de un pesado conde y pronunciar una patochada,
aunque en un primer contacto me insinuó
que era el criado que yo debía vender y gastar.
Mientras tanto, apartando los ojos, oigo: -Hermosa mía-,
¡cómo domina Usted las mentes brillantes de hoy!-
Entonces, ablandando la palabra y los gestos,
se echó en la cama y le dijo: -Le juro
que me muero cuando estoy cerca de Usted,
la quiero tanto que estoy celoso de todo-.
Luego, cambiando de nota, mostró su golilla:
-¿Le parece bella su hechura? ¿Qué piensa del mundo?
El hombre que Usted sabe me ha dicho que no le gusta nada.
Señora, en su opinión, ¿hoy estoy presentable?
¿No estoy bien calzado? ¿Es agraciada mi pierna?
Mire este tafetán, está de moda,
viene de China. Por cierto, me han dicho
que contra las fruslerías el rey ha publicado un edicto-.

Se echó sobre los codos, se desabrochó tres botones:
-Señora, béseme, ¿acaso no tengo elegancia?
¡Qué esquiva es! Ya veremos al final, Roseta,
quién se arrepentirá primero-.
Con otras palabras me quebró la cabeza.
Así es dónde y cómo conocí a esa bestia.
Te juro, amigo mío, que me fui de aquel lugar
sin preguntarle por su nombre y sin decirle adiós.
No he tenido, desde entonces, noticia alguna suya,
salvo esta mañana, que por desventura,
fui a esa iglesia adonde, como ya he dicho,
lo trajo Satán para perseguirme.

Después de todo lo que nos dijimos al principio,
habiendo cargado el alma con lastre tan pesado,
me sacudí la oreja y como pensativo,
agaché el lomo como un burro terco.
Contando librarme de esta tiranía,
repara sobre ello : -¡Oh, sin ceremonias!,
os lo ruego- dijo, - vivamos como amigos-.
Con los brazos en jarra, igual que un tiesto,
me empujó hacia adelante, me indicó la puerta
y, sin respetar lugar santo, me echó de la iglesia,
tan altanero como un celoso que atisba a su rival.
-Sal-, me pide, -¿vas a caballo?
¿Tienes aquí a alguien de tu tropa?-
-Voy solo y a pie-; él me ofreció la grupa.
Yo, por quitármelo de encima, le dije de sopetón:
-Le beso las manos, ya me voy
a cenar donde mi tío-. ¡Oh Dios, qué galán!
Lo soy y por lo tanto, como un buey abatido,
tumbo la cabeza, que poco hizo falta,
entregando por despecho mi salvación a la muerte,
para que fuera, con la cabeza por delante,
a tirarme del Pont-Neuf a la rivera.
Como un inconsciente, me arrastró a la corte palaciega
donde al cruzarse al azar con uno de sus criados,
lo llamó y le dijo: -¡so, Ladrevilla!
Que no me esperen, ceno en la ciudad-.

¡Sólo Dios sabe cuánto me caló esa frase!
Pero eso no fue todo. Sacó un largo escrito
que de sólo verlo, temblé. Entonces, sin remilgos, añadí:
-Señor, no estoy yo para riñas-.
Esto le dije fingiendo haberlo visto de reojo.
-Tampoco es eso, son malos versos
(y supe que decía la verdad),
que escribo para matar el tiempo.
Y para un cortesano, cuando llega la ocasión,
le muestro que de ello entiendo para mi sustento-.
Se puso a leer y se giró de golpe hacia la plaza,
los banqueros sorprendidos admiraban sus ademanes,
y le mostraban, riéndose en su cara,
que no le hubieran dado ni cuatro ducados dobles
(yo los habría dado por salir del paso).
Lo escuché y mientras me regalaba la oreja,
(¡sólo Dios sabe cuánto!) al final de cada verso,
añadía a propósito alguna palabra aviesa.
Él, en cambio, continuó con más entusiasmo, 
tanto, que no acabara nunca sin hacer leyenda.
Viéndome con desapego declarar sus gestas,
se arrimó y se puso él mismo a alabarse:
-Entonces, ¿no es algo para un caballero?
Señor, ¿ha escuchado alguna vez mi prosa?-
Yo dije que sí por miedo a que tuviera
que oír algún acta.
-Dime, pues, con sinceridad,
aunque no has adquirido ninguna ciencia,
¿No es cosa extraordinaria? – .
-Es cierto, se lo juro-,
le dije sonriendo. Entonces, volviéndose a mí,
se me pegó al brazo y, con un destello de dicha,
suave como una novia, me besó en la mejilla.
Luego, acariciándome la espalda, me hizo honor
al aceptar libremente mi humilde opinión.
Después de esta caricia, fue más directo.
Habló con uno, llamó a otro,
siempre con nuevos discursos. Y por ser algo tan humano,
siempre, por consentimiento, me tuvo de la mano.
Temo que sin eso, pues mi alma es tan frágil,  
dejándolo al acecho, no hubiera podido escabullirme:
pero necesité mucha fuerza, aun estando atado,
para que mi discreción expiase mi pecado.

¡Qué desgracia habría sido la mía si, al salir de la iglesia,
me hubiera llevado a su casa y quitándome la camisa,
aquel criado a quien habló este garboso maestro
me hubiese dado un zurriagazo para luego, abandonarme allí!:
¡Honorable derrota! ¡feliz escapatoria!
De nuevo me la tuve que tragar.

Volvió a hablar otra vez del rumor que corre
sobre la reina, el rey, los príncipes, la corte;
Que París es muy grande, que el Pont-Neuf se acaba,
que si se levanta un imperio más en la paz que en la guerra.
Declaró que era sólo amistad
y otras virtudes más. Era penoso verlo.
Pero no precisó, por ser novicio,
que la impertinencia es un tedioso vicio,
que es mejor morir de rabia o de pena,
que vivir a disgusto con un impertinente.
Mientras esos discursos me atormentaban,
busqué los medios para ver si por casualidad
un incidente pudiera salvarme
y evitar así que me desesperase.

Al ver a un jurado, le hablo de negocios:
si tenía pleitos, era menester
estar siempre cerca de esos señores honrados
y que no dejara de solicitarlos por mí. 
Él, que era hombre lúcido,
sabía cómo se pierde la fama por negligencia,
pues donde hay interés, hay que abrir bien los ojos.
-¡Ah no, señor!- dijo,

-preferiría perder todo lo que poseo excepto su compañía;
y así se unió también a la ceremonia-.

A mí, que no me gusta porfiar por esas sandeces,
me vaciló un tiempo la lengua antes de hablar.
Al final, cedí a las lisonjas
y le dije (como el rey estaba en las Tullerías)
lo que se decía en el Louvre que él haría hoy;
que tendría que estar siempre cerca de él.
Dios sabe cuántas necedades me dijo,
hablando de sus gestas y sus valentonadas;
que había servido y hecho guardias
y no tenía pensión alguna.  
Sin embargo, se consolaba con que la Historia,
que cumple con su trabajo, no le arrebatara su gloria.
Se ensalzó tanto, que creí que mis días
acabarían antes que su discurso.

Con todo, como Dios lo quiso, después de tanta demora,
el reloj de palacio dio las once
y él, que tenía debilidad por la sopa dijo:
-¿a qué hora, señor, cena su tío?-

Muy poco hizo falta, sin más espera,
para que de rabia me llevaran a la horca.
Y aun lo hubiera yo hecho, desesperado como estaba,
pero creo que el cielo, que conspiraba contra mí,
quiso que se terminara mi aventura,
por lo que me dijo una gitana: - jovencito,
ni peste, ni hambre, ni catarro, ni tos,
ni fiebre, ni ponzoñas, ni cicateros, ni lobos,
acabarán con este, sino el desatinado lenguaje
de un pesado: que tenga cuidado por ser noble, si es listo-.

Como seguía con esa vieja cantinela,
se acercó un alguacil;
se puso delante, le habló, le aduló,
al tiempo que este, por fin, tomó la palabra:
-Señor, es demasiado…todo lo que quiera…
Aquí tiene el mandato firmado…No, señor, Usted vendrá…
Cuando esté dentro, Usted hará otra cosa…-
Y yo, que estaba lejos de aquello,
me esquivé suavemente y me fui dando trancos;
con el rabo entre las piernas huí y bajé los ojos,
el corazón saltó de alegría y estuvo triste en apariencia.

Desde entonces, hago reverencia a los buenos alguaciles
pues es gente de honor, por quien el cielo
quiso un día que recibiese el don de mi salvación.
En cambio, temiendo exponerte a ti al mismo vicio
que reprocho en los demás, estoy a tu servicio.
Ruego a Dios que nos proteja en este mundo,
del hambre, el impertinente, el frío y el desasosiego.


[1] La sonrisa de san Medardo se refiere a un gesto condescendiente, forzoso y falso. Según Gregorio de Tours, en el capítulo CXV de su tratado Gloria de los confesores, se invocaba a este santo para calmar el dolor de dientes.


Ana G. Garrido



Águeda G. Garrido nació en Huelva (España) en 1978 y reside en París desde el 2003.
Es Doctora por la Universidad de la Sorbona, especialista en Historia religiosa de la España moderna y Profesora titular en la Universidad de Caen (Baja Normandía). Ha enseñado lengua y civilización españolas en la Universidad de Western Ontario (Canadá), en las Universidades de la Sorbona, Metz, Limoges, en el Instituto de Estudios Políticos de París (Sciences-Po)…
Página académica personal en la MRSH (Maison de la Recherche en Sciences Humaines): http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/pagePerso/2963457?id=publications

Entre sus trabajos se encuentran: 

-Traducción al español de un poema de Voltaire a la marquesa de Breteuil (1741), sección « Clásicos », Periódico de Poesía, año 7, n° 74, noviembre de 2014, Universidad Nacional Autónoma de México. ISSN : 2007-4972.
-Antología La Alquimia del fuego, Madrid Amargord ediciones-Fundación Zenobia-Juan Ramón Jiménez, Madrid-Moguer, 2014, p. 402-404.
-Traducción al español de « Ceux qui paient », texto incluido en Le sang du pauvre (1909), de Léon Bloy (1846-1914). En Barcarola, revista de creación literaria, n° 81-82, 2014, p. 203-208. ISSN: 0213-0947.
-Traducción al español de 8 poemas de la obra Territoires du souffle (Paris, 1999), de Andrée Chedid (1920-2011). En Círculo de Poesía : Revista electrónica de literatura, Puebla, México, 3a época, año 5, 1° de abril del 2014. ISSN 2007-5367.
-Introducción y traducción al español de « Salom » (Orient, 1942), poema de Pius Servien (1902-1953), Revista Almiar, III época, n° 71, 2013, ISSN: 1696-4807. 
-Traducción al español de tres poemas del libro EXIL, de Saint-John PERSE (1942). En FÁBULA. Revista literaria, n° 35, ARLEA-Universidad de La Rioja (España), n° 35 (2013), pp. 20-23. ISSN: 1698-2800.
-«Refugios». Sección de poesía “La nube habitada”, coordinada e ilustrada por Anxo Pastor. FronteraD,  agosto de 2013, ISSN: 2173-4186.
-Traducción al castellano de 7 poemas de André Spire (1868-1966). En Nayagua: revista de poesía de la Fundación-Centro de Poesía José Hierro, Madrid, n° 18 (enero del 2013). Segunda época: especial José Hierro, pp. 159-173. ISSN: 1889-206X. 
-“La lección definitiva”, Ariadna. Revista cultural, n° 56, 2012, ISSN 1695-3975.
-Sección “Canumfora”, en El coloquio de los perros: Revista española de literatura y cultura, n° 30 (2012), ISSN 1578-0856.


Ha recibido los siguientes premios:

(2012): 1er Premio de Poesía Villa de Iniesta (Cuenca) por la obra ÚLTIMA PRESENCIA. Texto publicado en el Cuaderno Literario, abril n° 20, Ayuntamiento de Iniesta, Cuenca, 2013.
(2010): 1er Premio Internacional de Poesía Platero por la obra REFUGIOS. Organizado por la ONU, Ginebra, Suiza.
(2005): Mención Honorífica en el XI Premio Internacional de Poesía “La porte des poètes” por la obra SIGNOS DE NADIE, París, Francia.
(2003): Publicación de la obra LUGARES COMUNES, finalista del I Premio Internacional de Poesía amorosa (2002). Palma de Mallorca: Círculo de Bellas Artes.
(2001): 1er premio de poesía por la obra LA EDAD DEL FUEGO. IV Certamen Regional de Creación joven. Convocado por el Excmo. Ayuntamiento de Huelva.
(1998): 1er Premio Reflexión literaria en el III Certamen Música en el jardín. Universidad de Huelva.
(1998) El espacio ausente. Colección Donaire, n° 3. La Excma. Diputación Provincial de Huelva. 
(1997) Mejor Obra local de poesía en el Ier certamen regional de creación joven. Convocado por el Excmo. Ayuntamiento de Huelva.



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